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Ali Shariati

Introduction

Aux trois principes de l’islam1, unicité de dieu, prophétie et jugement dernier, le Shî’isme ajoute que dans sa justice infinie qui implique que l’homme est libre de ses actes, Dieu ne peut laisser le choix du guide des croyants (l’Imam) parmi les hommes faillibles. L’Imam doit être parfaitement instruit, parfaitement juste, son investiture est divine ou bien donnée par l’Imam précédent.

En l’absence du douzième Imam qui se retira du monde au troisième siècle de l’Hégire, la communauté Shî’te dû inventer des solutions originales. La première est le silence, silence de ‘Ali, de Hoseyn ; apparente passivité, réalisme politique d’une communauté persécutée. La seconde solution fut de confier le pouvoir politique et religieux aux savants théologiens dont le souverain, safavide (17 e et 18e siècle) puis qazar (19e siècle) n’était que l’assistant. La troisième solution pensée au 20 e siècle pose l’Imamat comme seule solution pour que la communauté se protège de la tyrannie et de l’injustice.

La tendance portée par l’âyatollâh Khomeyni revendique le pouvoir pour les savants théologiens car : « le gouvernement de l’Islam est celui de Dieu, et la Loi est le décret et l’ordre de Dieu »2. L’autre tendance dans cette troisième voie est portée par des intellectuels comme Ali Shariati qui s’inquiètent que le pouvoir soit réservée à une classe particulière, si savante soit-elle.

Ali Shariati3 fut le maître à penser de la jeune génération des années 1970. Né en 1933 dans le Khorâsân, fils d’un religieux progressiste, il commence son activité publique à l’université de Mashhad, il part étudier en France entre 1960 et 1964 où il se lit avec Sartre et Fanon. De retour en Iran, sa célébrité le chasse de Mashhad, il rejoint l’institut musulman de Téhéran qui est fermé en 1973, il connaît la prison puis l’exil, selon la police britannique il serait mort d’une crise cardiaque à Londres en 1977 mais les soupçons d’assassinat demeurent.

Shariati est mort jeune (44 ans) et n'a pas eu le temps de synthétiser ses idées, les traductions de ses dires sont souvent peu fiables et son héritage est partagé entre partisans et opposants de la république islamique. Il nous reste 4 textes clés pour comprendre son œuvre : L'Homme et l'Islam, Approches pour comprendre l'Islam, Par où commencer ? Et un… Que faut-il faire ?

Shariati s’inspire fortement du philosophe indien musulman Muhammad Iqbali4 dont l’œuvre majeure est la reconstruction de la pensée religieuse en Islam5. Pour Shariati une reconstruction spirituelle et politique voit dans l'Islam un système contenant des provisions sociales, politiques et militaires visant à bâtir une civilisation juste tout en purifiant l'âme. Le Prophète incarne un double combat, politique et spirituel, avec le peuple comme facteur primordial du changement et pour mission que l'homme doit progresser par la connaissance.

Shariati fait un diagnostique sévère de la société de son temps. D’une part il suit Jalal Al-e Ahmed6 qui ironisait sur « l’occidentalité»7 qui submerge l’orient de culture occidentale ; d’autre part il critique les oulémas traditionnels qui ont échoué à offrir des réponses aux défis modernes. Tout en partageant avec Fanon l'idée que l'homme doit être « son propre fondement », il s’en écarte car pour lui la religion doit être le principe organisateur de la vie sociale et le fondement de la légitimité du pouvoir alors que pour Fanon elle doit être dépassée par un nouvel universalisme.

Shariati évalue le Shî’isme comme un mouvement de révolution permanente qui chasse la soumission, la superstition et le statu quo par le dynamisme de ‘Ali caractérisé par la protestation contre l'injustice.

Bien que Shariati ait été un catalyseur de la révolution islamique, son œuvre a toujours suscité une certaine méfiance. L'Imam Khomeiny ne condamne pas Shariati mais ses proches tout en lui reconnaissant un rôle mobilisateur, soulignent ses lacunes théologiques, son manque de formation traditionnelle et ses interprétations subjectives dangereuses.

Articles sur le web:

  • Le shî’isme et les événements d'Iran (Alain Chenal – Université X-Nanterre)8
  • Fanon, Shariati et la question de la religion : cinquante ans après (Sara Shariati)9
  • La hiérocratie shi'ite et Ali Shariati (F. Hamed)10
  • La fiche wikipedia en anglais11
  • Le magazine Marianne12 dans une interprétation voit Shariati comme « un socialiste de Dieu, formé à la Sorbonne… » !!
  • Non, les intellectuels français n'ont pas "soutenu" la révolution islamique en Iran (RadioFrance)13 OUF !!! • The continuing relevance of the thought of Ali Shariati (Iqbal Siddiqui)14 • Shariati and the Reconstruction of Social Sciences (Sohrab Sobhani)15

Les pages qui suivent sont des extraits de Histoire et destinée16 – Textes choisis et traduits du persan (1982).

Résumé de Histoire et destinée

Une nation reste inférieure si elle est incapable de produire ses moyens d’existence et incapable de produire une connaissance de sa propre culture. Dans ces conditions, d’un côté le peuple consomme une religion traditionnelle pendant que de l’autre l’intellectuel consomme des doctrines occidentales. Shariati s’efforce de se frayer une voie propre entre ces deux pôles en s’appuyant sur la nature révolutionnaire de l’Islam.

L’islam ne servira qu’à contribuer aux assises d’un pouvoir inique s’il renonce au pouvoir temporel , c’est-à-dire s’il renonce à mobiliser l’homme pour qu’il se préoccupe de lui-même, autrement dit, de son bonheur. Le lecteur attentif de l’islam y lit que l’égalité est un fait naturel et scientifique et non une espérance morale, sur ce principe il élève l'égalité jusqu’à la fraternité (5)..

Shariati critique les « sermons » révolutionnaires d’Europe qui sont récupérés outrageusement par l’impérialisme, l’oriental doit donc dépasser son complexe d’infériorité face à l’occident (en particulier marxiste) par une valeur sublime qui lui est propre : le mysticisme . Shariati est profondément mystique, un mysticisme poétique que doit imparfaitement restituer cette traduction :

Salut à cette nuit, la nuit du qadr17, nuit plus précieuse que mille mois, mille ans et mille siècles. Salâm, salâm, salâm… jusqu’à ce que le soleil déchire soudain le cœur de ce pays pierreux, jusqu’à ce que la rose rouge de l’aurore s’ouvre sur les lèvres glacées de l’horizon, jusqu’à ce que la rivière du soleil coule sur la sombre terre ainsi que dans notre conscience corrompue, à cette nuit, salâm jusqu’au matin.

La religion, qui n’est autre que la raison, éveille la stupeur devant la création et anime la connaissance par la divergence et la confrontation des idées . L’évolution de l’humanité se mesure au progrès des valeurs humaines qui sont toutes réunies en Dieu, à ce titre l’évolution darwinienne ne s’oppose pas à la religion mais aux religieux !

Le principe de responsabilité du croyant est fermement établi car il se sait sous un regard vif et attentif alors que la responsabilité du matérialiste s’impose par nécessité sociale. Pour Shariati une révolution spirituelle, enracinées dans le Coran, doit guider le progrès intellectuel et matériel. Bien que les principes de l’islam soient intangibles au même titre que le sont les lois de la nature, les phénomènes sociaux ne peuvent pas être étudiés en dehors de leurs applications réelles dans l’histoire.

En conséquence, même si dans l’histoire humaine ni la raison d’être et ni l’origine des classes sacerdotales ne découlent, comme les classes économiques, de la production des moyens d’existence , elles peuvent néanmoins se scléroser par intérêt, orgueil et fanatisme. Bien qu’il-suffise d'être juste pour être en charge de la direction de la prière, le savant religieux (olamâ) reste néanmoins nécessaire, il faudra veiller à ce que cette nécessité ne s’officialise jamais.

L’ennemi de l’islam a un fondement et poursuit un but diamétralement opposés à l’islam, il ne faut pas le confondre avec les rivaux de l’islam (les diverses formes du socialisme européen) qui poursuivent les mêmes but mais sous des formes différentes.

Bien que des personnalités islamiques luttent avec le peuple pour la justice sociale, elles tardent à soutenir la résistance du peuple palestinien en tant que nation musulmane alors que les origines européennes du sionisme sont flagrantes.

Les principes du Shî’isme en action sont le secret , l’obéissance et le martyre .

Shariati entend la révolution au sens hégélien, comme un retour nécessaire sur soi : premier temps d’éloignement pour la distanciation critique, le second temps est celui du rapprochement, de la redécouverte de soi, des ressources émancipatrices de sa propre culture.

Histoire et destinée

Pourquoi une nation reste inférieure

Infériorité d’une nation incapable de produire ses moyens d’existence et de produire une connaissance de sa propre culture. L’intellectuel oriental sensible aux questions débattues en Europe l’éloigne des réalités ainsi que son peuple.

Une société qui ne peut exploiter par ses propres moyens, ses ressources, fait appel à celle qui en est capable et, bientôt, elle constate que sa pitance provient de l’étranger. Au niveau culturel les conséquences sont analogues puisque l’Europe éclairée, qui connaît mieux que nous autres, Orientaux, l'Orient, interprète nos sources culturelles et spirituelles, construit des écoles, et des idées nouvelles. De sorte qu’incapables de produire une connaissance véritable de notre culture, nous nous retrouvons dépendants des bouchées qu’ils jettent devant l’intellectuel oriental.

D'ailleurs, celui-ci ne réalise pas que ces bouchées contiennent ses propres matières premières ; il ne comprend pas que si, aujourd’hui, on le traite d’arriéré, de sauvage, d’ignorant, de miséreux, c’est parce qu’il a montré qu’il n’avait pas les qualités requises pour exploiter et mettre en œuvre ses propres ressources culturelles.

Ceux qui imprègnent — avec sincérité et bonne foi — la mémoire de nos intellectuels de problèmes existentiels, culturels, idéels, philosophiques, sociaux et humains propres à l'Occident d’après guerre, ceux qui rendent l’intellectuel oriental ultra-sensible — en fait, sensiblerie et non pas sensibilité — aux questions qui se posent en Europe, aux doctrines très progressistes en vogue en Occident et non en Orient, éloignent le peuple et l’intellectuel oriental de ses propres réalités, de ses responsabilités concrètes ; et, finalement, alors même qu'ils croient sincèrement servir et éclairer, ils deviennent facteurs de décadence et de duperie.

Les bonnes questions sont :

  • Qu’a fait l'Occident pour parvenir à aliéner l’Orient de ses ressources matérielles, à le rendre inapte à les exploiter ?
  • Qu’a-t-il fait pour le couper de ses sources spirituelles, pour le rendre incapable de les mettre en valeur ?

La nature révolutionnaire de l’Islam

Le peuple consomme sa religion traditionnelle, l’intellectuel les doctrines occidentales, il faut s’efforce de se frayer une voie propre entre ces deux pôles. La situation est donc claire : nos masses héritent d’une nourriture toute faite et bien cuite, dite religion ou tradition ; elles n’ont pas à se tourmenter pour faire leur choix, pour se décider : car leur choix est déjà fait ou, plutôt, elles n’ont fait que l’enregistrer.

De même, nos intellectuels n’ont pas à se tracasser à l'heure du choix puisqu'une technique empaquetée, des produits de consommation bien emballés leur arrivent tout droit d'Occident et il leur suffit d'ouvrir et de consommer ; ainsi, des doctrines différentes voire opposées sont aujourd'hui importées sous des emballages bien confectionnés, conformes aux normes standard et il ne reste plus aux gens instruits qu'à se servir ; autrement dit, sans se donner le moindre mal, sans se faire de bile, sans s’efforcer à chercher, à comparer, ils deviennent partisans de telle ou telle doctrine.

Sa’di relate ce récit :

Par une nuit froide d’hiver, un mendiant se rend aux portes de la demeure d’un riche personnage. Il frappe au battant ; mais personne ne répond si ce n’est les chiens qui se lancent à ses trousses. Les voyant se ruer sur lui, le mendiant tente de ramasser une pierre pour la leur lancer. Mais la pierre gelée, reste clouée à même la terre, Il s’écrie alors : « Étrange époque ! On lâche les chiens et on attache les Pierres!

Le destin de ce mendiant est aussi le mien ; ce n’est pas une destinée individuelle mais celle d’un groupe de penseurs ; un groupe qui existe non seulement en Iran mais dans tout l'Orient ; un groupe qui s’efforce de (se) frayer une voie propre entre les deux pôles établis.

L’islam contribue aux assises du pouvoir s’il renonce au pouvoir temporel

L’islam contribue aux assises du pouvoir s’il renonce au pouvoir temporel. l'islam, à l'instar de toute autre conviction, ne fait l’objet d'attaques visant à le contenir que lorsqu'il s’écarte d’un héritage immobile dans sa forme, lorsqu'il se préoccupe de la responsabilité individuelle au-delà des rapports entre l'individu, Dieu et l’autre monde.

L’islam n’a pas d’ennemis tant qu'il ne se pose pas comme force, comme pouvoir temporel. De même qu’un pays dépourvu de pétrole, d’or, de caoutchouc, etc. peut ne pas se soucier du colonialisme, un islam incolore et neutre n’a pas à se soucier du danger de l'ennemi. Il connaît la sécurité dans un monde protecteur et rassurant.

Quoi qu’il arrive et quel que soit le pouvoir politique, un tel islam est assuré des égards d’autrui. Pourquoi ? Il constitue alors une force qui peut contribuer largement, en occupant les masses et sans préjudice de sa doctrine et de sa légitimité, aux assises mêmes du pouvoir.

L’homme peut maintenant se préoccuper de lui-même et devenir heureux

L'intelligence de l’homme d'aujourd'hui est si développée que, s’il le désire, il peut, à partir de ses diverses éducations religieuses passées, se préoccuper de lui-même et devenir heureux. Même les prophètes ne peuvent rien faire si l’homme ne le désire pas. Les prophètes peuvent guider la pensée et les idées de l’homme pour que celui-ci distingue son bonheur de son malheur*.

Le Prophète de l'islam dit à l’homme qu’ « À partir de maintenant, tu es éduqué et ton intelligence est telle que tu es capable d’établir la paix, la concorde, le bonheur, l’évolution et la stabilité. Tu peux et tu sais, c’est-à-dire, ta pensée et tes idées ont atteint un niveau tel que tu n’as plus besoin de Révélation pour diriger tes pas. À partir de maintenant, la raison remplace la révélation ; il est vrai : une raison née, formée et maturée par la Révélation des siècles passés. »

Question : Mr le Docteur, je ne suis pas d'accord. Réponse : Il n’est pas nécessaire que vous soyez d’accord avec moi. Seulement tentez de comprendre ce que je veux dire car, ici, mon propos ne vise ni à défendre ni à réfuter l'islam. Il s’agit de connaître l'islam.

L’islam dit que l’égalité est un fait naturel et scientifique et non une espérance morale

Il élève l'égalité jusqu’à la fraternité. Critique des « sermons » révolutionnaires, récupérés par l’impérialisme. L’islam ne pose pas la question de l'égalité publique des gens, tribus, nations — ainsi que la suppression de toute discrimination, de tout privilège de famille, de parenté, de race, de patrie, de classe, etc. — sous la forme d’une recommandation morale ; ni sous l’oripeau d’interprétations littéraires et de discours passionnés — via des sermons du genre pédagogique ou politique — semblables à la littérature humaniste postérieure à la Révolution française : ni de la même manière que les intellectuels bourgeois ou les distingués conquérants des deux dernières guerres dévastatrices mondiales ; ni à coups de proclamations comme font les dirigeants des organisations internationales — notamment dans la « déclaration mondiale des droits de l’homme » qui, en fait sous-entend « l'homme blanc » et même « le blanc très blanc.

L'islam dit, à partir d’une conception du monde philosophique et scientifique, que tous les hommes sont égaux et non pas qu’ils doivent être égaux ; autrement dit, l’égalité est un fait naturel et scientifique et non une espérance morale, une aspiration sentimentale provenant de la purification et de l’adoucissement de l’esprit ; c’est donc une vérité, une réalité et non pas quelque chose de circonstanciel.

L'islam fonde l’idée de « l'égalité publique » posée sous forme de question politico-sociale, sur des bases philosophiques et scientifiques afin d’abord, de la présenter comme un principe naturel ; puis, pour relever cette « égalité humaine » de « légalité juridique » à « l’égalité réelle », c’est-à-dire lui donner une origine concrète, scientifique, naturelle et créée; pour reprendre une expression propre à l'islam, rehausser l'égalité » jusqu’à la « fraternité ».

Tout homme te ressemble car du point de vue de la création, on ne peut distinguer que deux groupes : ou ils sont tes frères de foi ou bien en tant qu’hommes tes semblables.

Ali

Le mysticisme pour dépasser l'occident

Dépasser le complexe d’infériorité face à l’occident (en particulier marxiste) par une valeur sublime : le mysticisme. Le savoir spirituel est le seul qui élève la valeur existentielle de l’homme à un degré qui le protège contre tout sentiment d’infériorité face à la grandeur occidentale. Il lui fait découvrir en lui-même une valeur sublime qui le préserve du complexe d’infériorité face à l’idéologie matérialiste de Marx et du communisme.

Le renforcement du spirituel est à mon avis d’une importance Primordiale pour nos jeunes. J’ai eu l’occasion de travailler avec des jeunes de 15-16 ans. À l’âge où leur sensibilité vis-à-vis des problèmes sociaux et économiques est intense, leur esprit étant nourri par un islam tel qu'il leur est présenté actuellement, dès qu'ils ont accès à l’Introduction générale à la Critique de l’économie Politique, au Capital ou d’autres œuvres socialistes et révolutionnaires, ils découvrent que cette dimension de « justice sociale » y est bien plus et mieux expliquée. Alors leur tendance est de dire « Pourquoi attendre que nos propres leaders écrivent notre Manifeste »? Celui de Marx est sans cesse réédité depuis cent ans. Alors ne perdons pas de temps. »

Il faut proposer aux jeunes cette essence qui manque au marxisme comme à l’homme bourgeois. Il faut offrir à son esprit cette approche, cette mission que ne peut contenir, ni suggérer, l'idéologie marxiste, à savoir l'essence mystique.

La religion n’est autre que la raison.

La stupeur devant la création anime la connaissance.

La raison a toujours été dans les textes (coraniques) considérée comme un outil sûr permettant de comprendre les vérités, même religieuses et divines — la division entre sciences religieuses et sciences matérielles et humaines n’existant pas. Non seulement la raison ne s'oppose pas à la religion mais, pour reprendre le Prophète, « la religion n’est autre que la raison ».

Un jour, le Prophète qui pénétrait dans la mosquée y vit deux groupes : dans un coin les uns s’adonnaient au culte, dans l’autre on discutait de science. Après les avoir contemplés, il rejoignit le second groupe. Il y a ce propos du Prophète : « Seigneur, augmente ma stupeur ». Que faut-il entendre par là ? Qui est l’objet de cette surprise ? Celui dont le cerveau est plus développé et qui dispose d’un plus grand Savoir : en effet, pour moi qui regarde le ciel, c’est une jolie scène où figurent quelques points argentés ; non seulement rien ne m'étonne mais je prends plaisir à regarder ce ciel qui m'apparaît tel un beau visage, simple et limpide.

Par contre, lorsque Einstein considère la voûte céleste, celle-ci le surprend étrangement. Pour moi, le ciel présente cinq ou six inconnues : pourquoi cet espace est-il bleu ? Pourquoi ce nuage se trouve-t-il dans ce coin du ciel ? Pourquoi certaines étoiles bougent-elles et d’autres demeurent-elles immobiles ? Il en va différemment pour un savant astronome : plus l'horizon de sa pensée s'élargit et plus le ciel présente d'inconnues et de surprise ; ainsi, celui qui voit croître sa stupeur voit s'ouvrir le champ de sa connaissance.

De la nécessité de la divergence et de la confrontation des idées

Le Prophète dit une phrase bien étrange :

Dans cette divergence qui règne au Sein de ma communauté, il faut voir un bienfait.

Il est vrai qu’il entend une divergence de vues ; c’est-à-dire que pour lui, une nation qui ne pense que de façon stéréotypée, uniformisée, est comme morte ; car en fait, elle ne pense pas, sinon les idées ne seraient pas uniformes sauf sous la pression et répression. Qu'y a-t-il de bon dans la divergence ? C’est de la lutte des idées, de la confrontation spontanées des opinions que jaillit la nouvelle pensée, qu’apparaît le progrès. C’est cette liberté des trois premiers siècles de l’islam qui a permis l’avènement de la civilisation musulmane des 3ème (fin), 4ème et 5ème siècles.

On peut encore avancer que « la divergence entre savants d’une communauté » est un bienfait parce que le moteur de l’évolution est « lutte », rencontre, confrontation des idées et pensées et que ces trois choses constituent la base de la dialectique dans la nature et l’homme.

L’évolution de l’humanité se mesure au progrès des valeurs humaines qui sont toutes réunies en Dieu.

La « morale humaine » est un ensemble de valeurs qui prennent leur source dans la « nature humaine », fetrat. Le degré d’évolution du « genre » humain se mesure selon le degré d'évolution de ces valeurs. L'évolution existentielle du « genre » humain à travers l’histoire va dans le sens du renforcement de ces valeurs. (…) En fait l'humanité commence véritablement à exister en même que ces valeurs puisque seul l’homme est créateur de valeurs.

Dieu est ainsi le lieu où apparaissent toutes ces « valeurs » : conscience de soi, conscience, créativité, invention, science, initiation, instruction, éducation, éloge de la vérité, haine de l’absurde, haine du mensonge, pureté absolue, don sans échange, pardon sans arrière pensée, gentillesse, charité, beauté, puissance, générosité, pudeur, indication du droit chemin, honneur, amour, vengeance, représailles, liberté, libération (d’autrui), tolérance les autres et révolte contre soi-même, incitation à la reconnaissance du bien et du mal, indication de la voie de l’évolution et de l’impasse, respect du choix d’autrui et appel à l'élévation et à la libération des hommes.

L’adoration consciente de ces valeurs sublimes, sous forte d’une affirmation constante et répétée de leur importance signifie qu’on y pense constamment, qu’on y réfléchisse sans relâche. En vérité, l’adoration de Dieu est une sorte d’apprentissage et de formation pour l’homme par l’intermédiaire de ces valeurs divines. Le perfectionnement de l’homme est ainsi fonction du degré d’intériorisation et de la mise en pratique de ces valeurs.

L’évolution (Darwin) ne s’oppose pas à la religion mais aux religieux !

Au cours des dernières décennies, l’on a souvent présenté la loi de l'évolution — et surtout le « darwinisme » — comme étant contraire à la religion. En fait, cette loi s’opposait non pas à la religion mais aux religieux, ces derniers luttant contre l’évolution et condamnant le « darwinisme ».

Aussi, partout où cette doctrine était propagée, était-elle présentée comme anti-religieuse. Les musulmans ont vu en Darwin un apostat alors qu’en réalité il est, parmi les derniers grands savants, l’un des plus religieux, lui dont l’esprit baignait dans la ferveur, la pureté, l’absolu. Mais alors, pourquoi l'esprit religieux dominant est-il aujourd’hui hostile à l’évolution ?

Parce que le religieux s’imagine que sa religion est chose suprême en ce monde, qu’elle est divine ; et donc, que ce qui s’avère suprême existe à jamais. Tout religieux convaincu de la sorte devient inévitablement hostile à l'évolution ; d’ailleurs cette opposition s’est clairement manifestée chaque fois que les religieux ont gouverné la société ; et cela, aussi bien en Europe qu’en pays d’islam.

Le croyant est responsable parce qu’il se sait sous un regard vif et attentif

... alors que la responsabilité chez le matérialiste s’impose par nécessité sociale.

Dans un monde matérialiste avec une nature mécaniste, c’est la nécessité sociale qui impose la responsabilité aux individus. Alors que pour « l’adorateur de Dieu », le sens de la responsabilité prend sa source dans la profondeur de l'univers de l’Être, et ses racines plongent dans la réalité objective, hors de l’esprit individuel et de la tradition collective.

Le sort naturel de l’homme conscient de soi, est de se trouver dans une Nature vivante et consciente elle aussi : cet homme a un but, et des comptes à rendre ; il distingue le bien du mal; il perçoit le sens de chaque mouvement et contrôle ses choix et ses actes. En effet cet homme de cœur, se sait constamment exposé à un regard vif et attentif. Il est donc naturel et logique qu’il se sente toujours engagé et responsable dans ses actes mais aussi dans sa pensée, ses sentiments et ses désirs.

Il n’y aura pas de progrès intellectuel et matériel sans au préalable une révolution spirituelle

Notre problème présent ne se pose pas en termes d’efforts sur le chemin d’une civilisation, d’un pouvoir politique, d’une culture scientifique, etc., mais en termes de recherche d’une poussée dans le peuple et dans les consciences afin d'opérer une révolution spirituelle et mentale ayant pour devoir de faire table rase pour tout reconstruire ensuite. Voilà pourquoi les ennemis nous guettent partout et voilà pourquoi s’inquiètent les grandes puissances.

Les phénomènes sociaux ne peuvent être étudiés en dehors de leurs applications réelles dans l’histoire

Intangibilité des principes de l’islam au même titre que le sont les lois de la nature. À travers l’histoire, les changements sociaux peuvent donc modifier le sens d’un phénomène au point de le renverser dans son contraire. Ce qui fut « bien » dans un contexte donné devient « mal » et vice versa, ou encore un acte révolutionnaire ou rationnel dans un contexte donné peut devenir, dans un autre contexte, réactionnaire ou irrationnel.

Isoler un phénomène social et évaluer son sens dans l’absolu ne permet pas une connaissance scientifique de ce phénomène. Je vous rappelle qu’il ne s’agit pas ici des valeurs et principes absolus qui dépassent les réalités sociales, historiques et économiques, par exemple « les lois de la Nature » qui restent stables, mais des représentations de la Nature qui varient de façon constante.

Celui qui croit que l’on peut modifier les principes confessionnels ou les pratiques fondamentales de l'islam pour les adapter aux nécessités de l’époque peut être considéré comme un leader politique, un penseur ou simplement un membre bienveillant de la communauté mais ne peut être reconnu comme un vrai croyant. La révélation, vahy, l’ensemble de ce qui a été révélé, est une réalité fixe, scientifique et intangible. C’est alors notre connaissance de cette réalité — qu'est le Coran —, notre approche, l'interprétation et l’action qui doivent s'adapter aux attentes, aux souffrances, aux transformations des systèmes sociaux et à l’évolution de l’humanité.

Les classes idéologiques ne résultent pas de conditions matérielles

Dans une société, la formation des diverses classes est le résultat soit des conditions économiques, de la forme de travail et, de façon générale, des facteurs matériels de la vie sociale ; soit des croyances religieuses et ethniques. La sociologie n’a pas encore sérieusement étudié les classes constituées par des facteurs idéologiques ; certains, se fondant sur une doctrine politique et sociale en laquelle ils croient, pensent que les facteurs constitutifs de ce genre de classe sont, à l'instar des autres classes, d’ordre matériel et économique ; or, à mon avis, il faut clairement distinguer les classes idéologiques des classes économiques.

Sclérose des classes sacerdotales (idéologiques) qui conduit à l’orgueil et au fanatisme.

Si l’apparition de la classe sacerdotale propre à chaque religion a facilité la centralisation des idées et activités religieuses, l'unité politico-sociale des croyants et, par conséquent, l'autorité sociale de la religion, après quelque temps, on constate généralement que ce « centralisme » et ce caractère « officiel » ont conduit à figer, scléroser la religion.

Cette position suprême, ce droit sacré que se reconnaissaient les religieux officiels fit naître chez eux beaucoup d'orgueil et de fanatisme ; se considérant comme investis de la lourde responsabilité de préserver la religion, ils s’opposèrent à toute pensée nouvelle ; tout mouvement nouveau ne coïncidant pas – d’après eux – avec les normes passées ou ne disposant pas d’antécédents valables était rejeté.

Il suffit d’être juste pour être en charge de la direction de la prière

Nul besoin d’un médiateur officiel.

L'islam, éliminant tout intermédiaire entre Dieu et l’homme, établit pour la première fois une relation directe entre ces deux pôles (…) la foi ou les pratiques cultuelles des gens ne dépendent pas du contrôle et de la médiation d’autorités officielles particulières. De cette façon, l'islam (…) a visé à éviter l’apparition d’un « despotisme religieux et clérical ». La seule condition requise pour être en charge de la direction de la prière (emâmat) est d’être juste, or la justice est une vertu morale d'ordre général, non une caractéristique propre à une classe ou à une autorité officielle.

De la nécessité de « savants religieux » (olamâ) et du risque de leur « officialisation ».

Dans l’histoire de l'islam, l'extension des problèmes religieux — suite au développement des rapports sociaux, des sciences, de la pensée, des besoins matériels et spirituels de l'homme — a peu à peu amené la question de la spécialisation. Aussi, l’apparition du groupe dit des « savants religieux » (olamâ) répondait à une nécessité.

Cependant, du point de vue juridique, sociologique et politique, il y a une différence entre « nécessité » et « officialité » : l’existence de savants en médecine et physique relève d’une nécessité mais ces savants ne sont pas des autorités privilégiées officielles ; ils ne peuvent pas amener le despotisme, la répression, la sclérose et l’immobilisme dans le domaine de la médecine et de la physique ; or, s’ils étaient des autorités officielles, ils auraient ce pouvoir et cette possibilité.

Ceux qui poursuivent le même but que l'islam sous des formes différentes non sont pas des ennemis

L’ennemi de l’islam a un fondement et poursuit un but diamétralement opposés à l’islam, il ne faut pas le confondre avec les rivaux de l’islam qui poursuivent les mêmes but mais sous des formes différentes. La lutte contre l’ennemi se situe au niveau des principes fondamentaux, les divergences et les contradictions concernent le fondement, le but et la destination. C’est bien de cela qu’il s’agit dans le combat qui oppose l'islam au colonialisme et à l'impérialisme mondial, d’un affrontement où chaque adversaire veut déraciner et anéantir l’autre puisque la contradiction se situe au niveau des principes et de la finalité.

L’un aspire à la délivrance, à la liberté et à la perfection de l’homme, à la paix et à la justice tandis que l’autre conduit à l’exploitation des masses et des nations, à l’injustice, à l’anéantissement de l’homme par sa transformation en un porc consommateur, en un travailleur exploité ou encore en un esclave politique. Il s’agit bien d’une contradiction fondamentale.

L’islam constitue d’autre part une invitation qui attire la jeune génération et se trouve ainsi inévitablement en compétition avec toute autre idéologie se définissant les mêmes buts. Cette opposition est celle de deux rivaux et non de deux ennemis. Ces deux rivaux ont des buts et des slogans communs mais diffèrent dans la forme que prend leur appel et dans la façon dont ils posent les problèmes. Chacun dénonce alors l’autre et c’est dans cette compétition que se révèle avec le temps la sincérité, le mérite et la compétence de chacun dans la réalisation de son projet.

Soutien à la résistance palestinienne et origine du sionisme

Les personnalités islamiques qui luttent avec le peuple pour la justice sociale doivent aussi soutenir la résistance du peuple palestinien en tant que nation musulmane. Origine européenne du sionisme. Nos savants et leaders religieux progressistes parlent de la pureté révolutionnaire de ‘Ali, de l’intransigeance d’Abuzar dans sa justice sociale ou encore de l'opposition du shî’isme au capitalisme, à l’aristocratie, à la société de classes, ils en nourrissent leurs écrits et montent à la tribune pour en parler au peuple.

Mais on en trouve aussi dans l’action politique aux côtés des étudiants en lutte contre l’imposition d’un programme rétrograde ou encore avec les ouvriers manifestant pour la satisfaction des revendications les plus élémentaires et aussi avec les paysans épuisés, endettés, combattant la famine, lorsqu'ils protestent contre leur sort. La présence de ‘olamâ et de personnalités islamiques parmi ces gens opprimés par le colonialisme fait plus pour leur exposer l’idéologie shî’ite que des centaines de livres et des milliers de conférences.

Mais cependant lorsque les sionistes occupent Jérusalem on compte un évêque Catholique parmi les combattants alors que parmi nos chefs religieux, marja, il n’en est qu’un pour se manifester. Lorsque la Palestine est niée en tant que nation musulmane et quand les palestiniens sont massacrés on voit dans les rangs des combattants musulmans un juif devenir « martyr » pour défendre la cause palestinienne mais on ne constate nul soutien, même seulement matériel, de la part des emâms shîites.

Aujourd’hui même, à Mashhad, on voit dans le bâzâr où se concentre toute l’âme islamique et religieuse, la minorité juive poursuivre en toute liberté — à l’intérieur d’une société religieuse fanatique — sa vie économique et morale, sans ressentir la nécessité d’une centralisation raciale. Le « sionisme » n’apparaît que lorsque l'Europe proclame ses propres mouvements raciaux et méprise le juif ; celui-ci, alors ressent le besoin de disposer d’une patrie indépendante.

Premier principe du Shî’isme en action : le secret

Tagiye est l'obligation de garder le secret dans la lutte clandestine contre le système en place. Un seul mot, même pour une raison valable, peut provoquer la destruction de tout un groupe. Les massacres des shî’ites à Neysâbur ou à Bagdâd étaient les conséquences de tels actes de la part de militants fragiles ou peu convaincus, incapables de garder le secret. L'accent mis par les shî’ites sur la nécessité de garder le secret sur « leurs biens, leurs allées et venues et leurs opinions » renvoie au danger que ces opinions représentent pour le pouvoir en place et à l’efficacité de ces « allées et venues » dans l'opposition aux intérêts de l’ennemi et de l'État. Sinon aller en cachette chez sa maîtresse ne relève pas du secret sauf dans la conception saffavide du tagiye.

Second principe : l’obéissance

Taglid – Lorsque l'Emâm est cantonné par le pouvoir dans une opposition clandestine, quand la communication et la propagande ne peuvent s'exercer librement il n’est pas permis au militant d'exprimer et de satisfaire sa « curiosité intellectuelle». En effet dans ces conditions, les « pourquoi », « mais », « si » et autres hésitations représentent un danger réel dans la lutte.

Il faut donc faire preuve d’une totale soumission à l’organisation. (…) C’est le principe absolu de toute organisation de lutte clandestine. (…) La soumission aux ordres de l’Emâm chez les shî’ites est fondée sur le Coran qui dit :

Croyants ! Obéissez à Dieu ! Obéissez au Prophète et à ceux d’entre vous qui détiennent l'autorité

(Coran, IV, 59).

L’emâm est ainsi une autorité légitime dont les ordres doivent être suivis au même titre que ceux du Prophète. Cette même soumission doit être acceptée par les shî’ites vis-à-vis du représentant de l'Emâm. Cette obéissance à l’ordre, taglid, est ainsi une soumission militante dans un combat responsable et non pas une soumission intellectuelle ou une «imitation » irresponsable.

Troisième principe : le martyre

Shahâdat — Face au système du califat les shî’ites n’ont pas d'autre capital ni d'autre arme que le martyre. Lorsque nous entendons « A celui qui pleure, qui fait pleurer et fait semblant de pleurer le paradis est assuré », on peut comprendre pour celui qui pleure ou qui fait pleurer pour une raison donnée mais quel est le sens pour faire semblant de pleurer ? Il est inutile de s’en étonner car nous ignorons le contexte et l’époque où ces pratiques ont pris naissance. Il faut retourner à l’époque où chaque larme était une parole pour transmettre au peuple le message de shahâdat et le renforcer.

Chaque gémissement, chaque cri qui sortait de la gorge d’un opprimé dénonçait au monde l'injustice du pouvoir en place. C’est là que l’Emâm donne l’ordre de pleurer et même de faire semblant de pleurer. Car pleurer c’est le signe qu’une catastrophe a eu lieu, qu’une injustice a été perpétrée. C’est dévoiler ce que les systèmes de propagandes du califat tentaient de camoufler derrière la publicité faite pour les victoires militaires de l'État.

Ta’ziye – Être en deuil, non pas pour un jour, dix jours ou un mois ou deux mois mais pour toute l’année ; pourquoi ? Parce qu’un peuple qui vit dans le martyre shahâdat doit être en deuil, rapporter le martyre dans toutes les cérémonies de deuil et en évoquant ses martyres en produire de nouveaux. C’est pourquoi le pouvoir tente de toute sa force d'empêcher les cérémonies de deuil qui sont tenues pour transmettre le martyre de génération en génération.

C’est encore pour propager shahâdat et sa philosophie que les shî'ites rassemblent famille et compagnons à l’occasion de la mort d’un frère, d’un oncle ou d’un cousin pour passer du deuil familial au massacre de Karbalâ et remémorer le martyre de l’'Emâm Hoseyn et de tous les autres martyrs shî’ites. C’est alors que les « indicateurs » préviennent la police et qu’arrivent les agents de « l’emâm du vendredi ».


  1. Ce très bref résumé des principes du Shî’isme est tiré de Le Shi'isme en Iran – Yann Richard → bibliotheque.bordeaux.fr ↩

  2. Le gouvernorat du juriste-théologien par l’âyatollâh Khomeyni ↩

  3. Ce qui suit avant le « résumé » est tiré des articles mentionnés plus loin. ↩

  4. https://fr.wikipedia.org/wiki/Mohamed_Iqbal ↩

  5. https://bibliotheque.bordeaux.fr/search/c2a97bf2-811b-48ab-9e2d-173594883b54 ↩

  6. https://fr.wikipedia.org/wiki/Jalal_Al-e-Ahmad ↩

  7. https://fr.wikipedia.org/wiki/Gharbzadegi ↩

  8. https://revue-pouvoirs.fr/wp-content/uploads/pdfs_articles/Pouvoirs12_p117-123_shiisme.pdf ↩

  9. https://shs.cairn.info/revue-politique-africaine-2016-3-page-59?lang=fr ↩

  10. https://www.persee.fr/doc/cemot_0764-9878_1992_num_14_1_1023 ↩

  11. https://en.wikipedia.org/wiki/Ali_Shariati ↩

  12. www.marianne.net/agora/analyses/ali-shariati-veritable-cerveau-de-la-revolution-islamique-ou-le-brillanttheoricien-dun-islamo-marxisme ↩

  13. https://www.radiofrance.fr/franceculture/les-intellectuels-francais-n-ont-pas-soutenu-la-revolution-islamique-eniran-9665289 ↩

  14. https://crescent.icit-digital.org/articles/the-continuing-relevance-of-the-thought-of-ali-shariati ↩

  15. https://ajis.org/index.php/ajiss/article/view/2820 ↩

  16. https://bibliotheque.bordeaux.fr/ark:/27705/ca0000337146?posInSet=1&queryId=93f1723f-79cf-4586-9f2b94dd967c7253&sorting=score_DESC ↩

  17. La nuit de la destinée ↩