La dialectique du temps¶
Alexandre Kojève nous dit qu’un processus réel qui dure, reste cependant dans le temps, il s’arrêtera avec lui, ce n’est pas la même chose que d’être infini, car l’infini est hors du temps, on pourrait presque dire que le temps lui court après, en fait le temps court après le penser car lui seul est infini.
Le devenir n’est pas infini mais juste non-terminée et imprédictible.
Poursuivons Kojève dans son analyse du temps hégélien. La nature n’est qu’espace, pourtant Hegel avait bien pris connaissance par les travaux de Cuvier de l’évolution des espèces mais selon lui on pourrait dire que la flèche du temps ne fait pas le temps. Albert Einstein lui rendra justice en ramenant le temps physique à la quatrième dimension de l’Espace, l’espace-temps.
La flèche du temps est :
passé → présent → futur,
le temps de Hegel est :
avenir → passé → présent.
L’avenir, pas le futur, l’avenir est le futur désiré or le désir est manque, absence, c’est le moins, le négatif qui est à-venir ; puis pour qu’il soit comblé quelque chose doit être nié, la liberté de l’homme asservi, les forêts et les couches géologiques fossilifères exploitées pour produire de l’énergie ; or ce qui est nié, n’est plus, ce qui n’est plus est du passé.
Le désir est avenir, le consommé est passé, la satisfaction est présent ; autrement dit la qualité du présent (positivité) est le résultat du passé (suppression-négation) en fonction de l’avenir (désiré-négativité), le temps est ce mouvement dialectique bien différent du temps biologique.
Donc l’être avance vers, est attiré par, Hegel dit que l’être avance par lui-même – car l’homme est le temps.